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Le p’tit exercice de la bio – rentrée 2025-2026

Se définir ? S’expliquer, faire sa bio ? Toujours un exercice compliqué. 
Et puis, un gros ras-le-bol de me sentir étriquée dans « Ce serait bien que… », « Faudrait que… » etendus et rabachés. 

Etre sérieuse sur linkedin, être détendue là, être jolie alors que je ne suis plus jeune et pas photogénique. 
M… (vierge). Merde (verseau). 
Alors envie de me dire façon astrologique. Au lendemain d’un échange assez vif avec les miens à propos de mes chaussettes qui traîneraient partout et de la lecture curieuse des caractéristiques des signes astrologiques (ma mère était fan et j’avais le droit de m’entendre répéter régulièrement des poncifs sur les caractères supposés de chaque signe et donc des membres de la famille.  

Lâcher d’écriture et encore une fois, je suis arrivée malgré moi à une conclusion, somme toute assez sérieuse.

Ainsi sois-je

Je suis verseau ascendant vierge.
j’sais pas si tu vois le bordel.
Verseau. Tourné vers demain, es autres. Voire altruiste. Peu regardant peu fidèle.
Et vierge. Rigueur. Près de ses sous. Comptant. Organisant.
Oh, le bordel.

J’aime ranger et pas ranger. Je déteste quand je dois ranger et je déteste encore plus quand c’est le foutoir.
Je range les culottes et j’oublie les chaussettes. Parce que les culottes c’est perso (pudeur vierge) et les chaussettes, je les laisse n vrac, malgré moi, sincèrement (croyais-je ? verseau ?).
J’adore apprendre, comprendre, j’aime les idées, intellectualiser, convaincre, m’emflammer et je déteste les gens qui ouvrent trop leur grande bouche pour ne rien dire. T’imagine même pas le discours intérieur quand je « cause » ou conférence. « Vas-y. Sois vivante, raconte ! Lâche-toi un peu. Encore trop gondée ! ». Mon verseau s’énerve et ma vierge me susurre : « Mais tais-toi donc (comme Mémé le répétait !). On pourrait t’entendre ! » On pourrait te trouver intéressante ! (re-vierge, vas-y, balance !)

Mon verseau aime l’amour et la vierge déteste la dragouille. Elle s’effarouche. T’imagines pas la complexité. Le bordel dans les relations. Oui mais non. Oui mais non, c’est non (discours féministe).
J’aime la rigueur des maths et les chiffres m’emmerdent. Se cacher derrière des stats et oublier l’humain. J’ai horreur de cette froideur.
Je vous dis : contradiction incarnée – et j’en suis pas fière. J’en souffre même. Cerveau jamais au repos. Le raton dans sa cage.

J’aime pas le bouquins lisses, les romans longs et lourds comme des dico et je fais un livre qui peut servir de cale-porte. Ma rigueur toute vierge m’oblige à tout expliquer. Mon envie de défendre porter des causes m’obligent à en rajouter toujours plus (verseau). Pas pour con-vaincre – parce que personne n’a envie d’être un con-vaincu.
Oh, le bordel.

Mais c’est aussi pour ça que je fais des bouquins que certains libraires savent pas où ranger (photo ? Bretagne ? féministe ?).
Et c’est aussi pour ça que je vais me relancer dans l’écriture d’un Paysâmes. J’en crève. J’en meure (exagération (pas) versatile. Je fais le faire parce que je pense important de témoigner, de vulgariser (pondération (pas) virginale).

Oh, je vous le dis un peu vite. Dans l’enthousiasme du verseau. Dans l’empathie toute verseau, en pensant à mon Fernand* – qui m’a dit hier « vas-y ! Garde le cap ! ». Alors pour toi Fernand, pour ces femmes qui méritent d’être visibilisées, je me prends à penser que mon travail, tout modeste (vierge) qui soit est important (verseau). Parce que se taire, c’est accepter, se résigner et que moi, j’ai pas envie de me résigner à voir les mêmes toujours avoir raison, gagner (verseau). Et nous prendre pour des.
Bordel, je vous dis.
Ainsi sois-je.

 

Johanne 27 août 2025

*Fernand est l’un de ces hommes formidables de sensibilité rencontré lors de la rédaction de Paysômes. Il témoigne de la maladie professionnelle agricole. Partage de réflexion et une bouffée de courage.

Infos + pour connaître mon travail (sérieux)

Parce que derrière ce texte, il y a une annonce très sérieuse, je me permets de vous ramener vers Paysâmes.
Et de vous donner quelques liens utiles, me semble-t’il, pour cerner mon univers et comprendre que derrière l’ironie, il y a une femme consciencieuse et opiniâtre. 

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Artiste

photographe peintre autrice. Ecolo, tendance féministe. Citoyenne quoi. Adore la musique, les bouquins, mes mômes, mes poules et mon chat.
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