Après Paysômes, retour à la source
Après la sortie de Paysâmes en 2021, je me suis longuement interrogée sur la suite. Un tome 2 tout féminin ? J’en avais envie. Mais. Mais, alors qu’il est si important de mettre en avant les femmes – a fortiori celles « invisibilisées » du monde agricole -, j’ai choisi de raconter ces messieurs.
Je n’avais pas envie d’être mise dans la case de la féministe acharnée, donc inaudible.
Et puis, je tenais aussi à rendre hommage à ces hommes qui ont compté fort pour moi, ces hommes soucieux de l’autre, emprunts de délicatesse (morale, éthique).
Paysômes est donc né de ces réflexions mêlées et je suis très heureuse d’avoir mené ce projet à terme.
J’ai rencontré des personnes engagées, sensibles, travaillant fort, souvent, dévouement, avec parfois plein de questionnements en tête (pourquoi produire « mieux » si on n’est pas respectés ?). Ça a été aussi l’occasion des sujets comme la maladie professionnelle, ou la pression foncière urbaine, la méthanisation (…). Bref, du lourd et du léger, à découvrir dans la page dédiée […]
Retour aux femmes
Après cet opus masculin, raconter les femmes reste une évidence. Parce qu’il reste à faire, pour valoriser leur travail, leurs engagements. Parce qu’il « faut » vulgariser autour d’un monde agricole complexe, clivé. Parce que j’ai envie de les photographier, de les raconter à ma manière (sur le vif, les pieds plantés dans la terre). C’est là un exercice que j’aime – faut-il le préciser !
Avec les années qui coulent, je me sens aujourd’hui pleinement ‘autrice raconteuse de vie’.
Mon passé paysan s’éloigne, c’est un fait. 9 ans que j’ai quitté pour toujours la terre, la pelle et les bottes.
Mais reste là, précieusement, au fond du cœur, l’envie de raconter ces femmes, ces faisous.
Et attention, avec sérieux certes mais aussi humour et avec l’envie de rappeler que ces vies de paysanne peuvent aussi être joyeuses.
Comme me l’avait déclaré une jeune maraîchère, heureuse et pimpante :
C’est presque sexy d’être paysanne.
Disons-le aussi car il faut des jeunes gens dans nos campagnes. Nourrir les autres. Une tâche souvent ardue mais gratifiante… et non faisable par une IA ^^.
Paysâmes II : il sera français, ou presque.
Apres la Bretagne, la France
Après avoir été rencontré des femmes de Bretagne, bretonnes ou pas, pour le tome 1 de Paysâmes, l’idée est ici de partir en vadrouille ici et là en France. Ce sera l’occasion d’aborder d’autres filières, d’autres réalités de terrain. L’agriculture de montagne, celle des marais, ou encore celle îlienne sont toutes différentes. Et évidemment, il sera intéressant d’aborder tout cela à travers le regard de femmes paysannes ou agricultrices.
Cela étant, pas sûre que toutes les régions soient représentées dans le livre et il ne faudra pas m’en vouloir ;-).
En effet, ma démarche se voulant cohérente – pas trop « dépensière » ni économiquement ni écologiquement -, je privilégierai les reportages collant avec mes pérégrinations, personnelles ou professionnelles (pendant mes vacances, ou en parallèle d’un salon du livre, par ex.). Je ferai également appel à mes réseaux amicaux et pro (réseau paysan, de femmes, …) pour limiter les frais d’hébergement 😉

Yvelle, photographie prise en Guadeloupe cet été 2025, pendant un séjour en famille.
L’occasion d’aller à la rencontre de femmes paysannes, agricultrices.
La femme est l’une des premières à défendre le bio dans cette « Gwada » marquée par le scandale du Chlordécone.
Réachalandage du magasin de producteurs.
Le monde agricole raconté par les femmes
Paysâmes II sera construit comme les 2 tomes précédents en 3 parties (ça, je n’ai plus trop besoin de le réfléchir) : toute la partie introductive au propos, les rencontres et puis, l’indispensable complémenterre. Détails ci-dessous.
Un livre terrien et poétique
Et comme la vie, c’est plus sympa en poésie, j’intégrerais encore une fois des textes de Yann Morel. Le poète breton cultive une parole libre, touchante et il m’a donné son accord pour participer.
Quant à une mise en musique, eh bien, je n’ose m’avancer. Disons que je solliciterai probablement mon acolyte Eric mais chut, il travaille pour l’heure sur Je te dis M (notre conférence-spectacle, ici).
D’où j’écris
Un écrit d’ex-paysanne
J’aime à rappeler d’où j’écris. En tant que femme, ex-paysanne boulangère, maraîchère, installée alors en territoire rural très agricole (avec la pression foncière que cela induit par exemple), mon parcours a été très différent d’un homme* (a priori ?), ou de celui d’une jeune femme installée en Beauce sur la ferme parentale ou encore d’une femme qui s’est reconvertie dans l’apiculture de montagne.
C’est pourquoi ce Paysâmes II se veut français. Les réalités du métier d’agricultrice changent fortement d’une région à l’autre.
Oui, faire du miel bio en Bretagne peut être complexe alors que c’est presque « facile » voire la règle dans les Alpes (peu de fermes et de champs avec épandages de pesticides sur les hauteurs).
Paysâmes II sera l’occasion d’explorer plus avant les différentes réalités techniques, climatiques, … de l’agriculture.
C’est aussi évoquer l’installation, le parcours… nourri en cela par ma propre expérience. Avec 10 ans plongée dans ce métier, je suis passée par de nombreuses « cases », méconnues d’un observateur éloigné ou d’un journaliste.
Pour ma part, je tenais à la sincérité et au vrai. Le monde paysan est rude, clivé clivant, mon propos n’est pas « fardé ». C’est aussi dire les pressions, les contrôles, la difficulté accéder aux terres – a fortiori en tant que femme dans un monde toujours misogyne.
Le propos se veut avant tout humain.
Ce qui m’intéresse, ce sont les motivations de ces femmes, leur histoire, le choix de l’agriculture alternative/bio (oui, on reste sur cette entrée), leurs motivations.
Et comme l’idée n’est pas de rester que dans la superficialité des choses et dans la caricature, ce sera aussi l’occasion de les interroger sur leur expérience en tant que femme/mère/épouse etc.

Mes mains. A l’ouvrage, alors que j’étais paysanne-boulangère.
De mes origines agricoles
Poussée sur la ferme, à l’ombre de mes oncles et de mes grands-parents, j’aime à évoquer cette enfance à la ferme. Non seulement pour faire revivre les miens mais aussi pour introduire le « sujet agricole ». Mes 4 grands-parents étaient « cultivateurs », leurs fermes ont muté ou disparu dans les années 80. Pourquoi ? … L’occasion de plonger dans l’Histoire, la grande, d’évoquer la guerre 39-45 et de rappeler ses conséquences. Après le rationnement, il a fallu produire. Un préambule important pour saisir notre agriculture 2.0.
Les rencontres
Eh bien, je prends les suggestions de contacts de femmes installées en agriculture.
2 points auxquels je ne déroge pas : les fermes sont engagées dans des pratiques type bio, durable et un fonctionnement reproductible.
Ferme bio durable
En tant que paysanne, le choix du bio s’est imposé. Ca a été le fruit d’un long cheminement intellectuel (ma famille étant parmi les plus gros producteurs de porcs de la région, cela n’était pas du tout une évidence). Quand j’écoutais la radio et que je boulangeais, « on » parlait tout le temps de pollutions, ou du suicide des paysans, jamais des paysan.nes qui « œuvraient » en faisant tout plein d’efforts pour la planète, j’allais dire, pour le bien commun.
Bref. Voilà le constat de départ qui explique ce parti pris.
Ferme reproductible
Il m’est arrivé, souvent, de m’entendre demander « Tu connais Jud* ? … Il travaille avec des bœufs […] ! Génial. »
Oui, ok, mais est-ce reproductible ? Et est-ce que les valeurs portées par Jud* sont celles que je défends ? Si travailler avec des bœufs peut être pertinent avec le réchauffement climatique ou pour engraisser les sols, ne pas les tasser (…), ok. Si le discours qui va avec c’est « il faut en ch… » (pardon mais soyons clairs), cela ne fait aucun sens pour moi.
Les paysan.nes, comme les autres, aspirent à une vie jolie. Et c’est possible – qu’on se le dise. C’est donc aussi l’idée de Paysâmes. Se faire écho des projets de ferme épanouissants, qui laissent du temps pour la vie de famille.
*Jud, prénom pris alors que je lis Glenmor, le barde breton.
Paysannes, agricultrices : cherche contacts
Pas de condition d’âge, de revenu, de Sau ^^
Installées depuis peu, en reconversion ou en fin de carrière
Quel que soit leur statut : salariée, apprentie, conjointe, cheffe ou autre (?).
Toute filière : mouton, vache, cochon ou arbre à pain 😉
Avec ou sans atelier de transformation
Avec ou sans vente directe
Dans toute la France donc

1 complementerre
Cette partie est indispensable au propos, à mon sens. Il contient des éléments en lien avec l’actu agricole (un peu, même si on n’est pas dans la réaction à chaud), des éléments sociologiques, historiques, des stats (sur le genre, ici, comme le nombre de femmes dans les bureaux et instances décisionnelles des structures para-agricoles.
Bref, de quoi mieux saisir le monde paysan, ses réalités et d’acquérir un peu de culture gé sur des sujets connexes (prix vs coûts, bio et signes de qualité, méthanisation, …).
Le contenu n’est pas encore arrêté.
Ce qui est sûr : pas de rappel historique cette fois, un lien sera mis vers du contenu en ligne issu des tomes précédents.
Ce qui laissera de la place pour une nouvelle rubrique (tadam, ci dessous !)
que sont-elles devenues ?
Une nouvelle rubrique dans le livre
4-5 ans après Paysâmes, du lait a coulé sous les ponts.
Gene est partie en retraite et a transmis sa ferme, Fabienne travaille avec son gars (« T’es sûr ? Salarié, c’est plus confort, non ? »).
Stéphanie, elle doit composer avec un bébé. Enora, elle, a quitté la ferme. (…)
Une rubrique sera donc dédiée aux Paysâmes du tome I.
Pour partager. Dire la vie, pleine de surprises. Bonnes et mauvaises, douces ou tendres. La vie quoi.
(D’autres rubriques seront donc supprimées (comme la partie historique, déjà développée 2 fois) pour garder un poids acceptable de 900 g ^^).

Fabienne, toujours le rire au bout des lèvres, m’a reçu pour faire le point en 2024.
Son fils installé, elle et son époux toujours heureux d’être paysans. Les vaches oubliées. Et les nouvelles cultures implantées.
J’ai besoin de vous pour ce Paysâmes II
pourquoi (bah oui) ?
Un livre sans lecteurs.trices, quel intérêt ? Je vous le demande. J’avoue que j’écris pour être lue sinon pour changer le monde, ça va être compliqué (ahaha).
J’ai donc besoin de vous pour :
– l’étape d’écriture : identifier des femmes, des personnes ressources,
– l’étape commercialisation : trouver des lieux intéressés, …
précommander le livre : simple et essentiel pour moi
Il est possible de précommander le livre.
Cela permet d’abonder la trésorerie pour l’impression et les frais d’édition (correction, et peut être un peu d’infographie).
note : un financement participatif sera mis en place sur Ulule.
Le + : la possibilité de souscrire depuis 5 € à 200 si jamais vous préférez une autre contrepartie (tirage photo, ou un atelier photo…).
Pour être tenu.e informé.e : me contacter ! C’est un lien précieux et indispensable.
Merci à vous : pour moi, pour elles, pour nous.






