Du lait et de l’amour sous les ponts
Paysâmes, édité en 2021, étant quasi-épuisé, la réédition se dessine pour 2025. (Pourquoi seulement pour 2025 ? Parce que s’ajoutera une rubrique « Que sont-elles devenues ? »)
Cela suppose le temps de la rencontre (physique), de réaliser des photos et pour celles qui l’acceptent, d’enregistrer en vue du podcast.
A ce jour, Fabienne, Stéphanie, Audrey et Lauriane, Enora ont été re-rencontrées.
Elles ont accepté de partager, une nouvelle fois, et de faire le point sur ces 4 années écoulées. Et autant dire que la vie offre des surprises, entre développement de l’activité, réorientation totale ou partielle, ou arrêt pur et simple de la vie à la ferme. Pas toujours évident ? On en reparle vite.
Parmi ces retrouvailles, il a celle avec Audrey et Lauriane.
Lauriane et Audrey : 4 ans plus tard
Qui sont-elles ?
Les 2 femmes font dans la vache laitière – en système herbager.
En 2020, je photographiais Lauriane qui officiait, seule pour sa première fois, à la traite. Audrey, elle, s’était attelée à passer le débroussailleur toute la matinée : « faut » entretenir. L’herbe, ça pousse et vite au printemps. (Travail des corps.)
Lauriane s’interrogeait, sur sa place à la ferme. Comment la prendre quand on est « l’apprenant » ? (Récurrence de la problématique de la fameuse place à prendre en tant que femme, sur la ferme, dans le couple.)
Le troupeau comptait 40 vaches. Le couple évoquait une réduction. « A 30 vaches, on aura moins de distance à parcourir, plus de temps pour autre chose. »
4 ans plus tard.
Audrey et Lauriane sont heureuses et sereines quand elles me reçoivent. On fait un peu formel. Point de visite au champ, c’est un entretien posé – fin de journée. Il n’y a pas d’enregistrement de podcast. Tant pis.
« Réduire le troupeau ? J’ai dit ça ? » Lauriane sourit. Les femmes se consultent. Le projet est plutôt de l’agrandir pour passer en mono-traite. Même besoin de temps pour autre chose et autre stratégie donc. Audrey, la technicienne et mécanicienne du couple, explique : « La production du lait diminue presque de 50 % quand on passe en mono-traite ».
2 heures plus tard. Je pars de chez elles avec la satisfaction de voir une affaire qui roule – il en est donc. « Le cul toujours bordé de nouilles » comme elles s’amusaient en évoquant leur installation ?
3-4 jours plus tard. Revirement ?
Lauriane et Audrey me recontactent. Elles ont reçu le courrier tant craint : leur laiterie – le mastodonte Lactalis – arrêtera de les collecter dans 2 ans.
Fin du contrat annoncé. 2 ans pour se retourner. Calculer et « faire des tableaux ». 2 ans pour rebondir, vite – 2 ans, c’est demain. Quelle voie serait tenable ? (Mise aux normes et s’endetter à dizaines/centaines de milliers d’euros ? Transformer ? Arrêter les vêlages groupés ?)
Les deux femmes, qui se disaient « solides » 5 ans après leur arrivée à la ferme, doivent tout repenser.
Que leur souhaiter à part de rester solides ? Que leur souhaiter que de réussir à poursuivre ce métier qu’elles aiment tant ? Pour elles et nous : car du bon lait bio, il en faut pour nos campagnes, je le crois.
Infos sur le livre à venir, le projet de podcast sur https://joooa.fr
+ info
J’ai proposé à toutes les Paysâmes de faire un point en vue de la réédition du livre en format papier. Elles ont accepté et je les en remercie.
En revanche, les deux femmes se sont refusées après une expérience « compliquée » à être enregistrées pour le podcast On sème.
Tant pis :-/
Et si la réédition papier ne se fait pas (pour des raisons x ou y), un point sera fait dans le tome Paysâmes 2, qui est dans les rails à l’heure où je publie cet article (rédigé en 2024 et publié en 2025).





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